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Voyage

Voyage

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Jour 3

Jour 3

Nous partons de l'hôtel à 8 heures et nous prenons la route. Ici on fait attention au moindre détail, alors, notre chauffeur, qui est croyant et juste un peu superstitieux nous propose de nous arrêter pour voir l'arbre protecteur des voitures et de leurs chauffeurs.

Le premier déplacement pour le propriétaire d'une voiture neuve est de venir ici pour mettre sa voiture sous la protection de l’Esprit de l’Arbre...

Notre chauffeur profite de l'arrêt pour acheter un bouquet qu'il attache à l'avant de la voiture, et deux colliers de jasmin en offrande à Bouddha, dont il a une représentation dans sa voiture.

Il joue sur les deux tableaux, et c'est efficace, puisque nous n'avons eu aucun problème...

 

L'arrêt suivant est au «Taukkyan War Cemetery »  mémorial des soldats morts en Birmanie pendant la seconde guerre mondiale.

On ne le sait peut être pas mais la Birmanie, située entre la Thaïlande occupée par le Japon et l'Inde occupée par l'Angleterre a été un théâtre d'opération important. Ce monument, très simple, rappelle le nom des 27 000 soldats alliés morts en Birmanie…

C’est le cimetière de 6000 d’entre eux.

Mais ce monument est aussi un hymne à la vie, puisque les jeunes mariés viennent s'y faire photographier...

On imagine mal des photos de mariage faites à Douaumont, et pourtant, n’est-ce pas une manière élégante de faire un pied de nez à l’absurdité des guerres ?

Et un enfant s’amuse…

 

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Nous allons maintenant à Bago. C'est une ancienne capitale, mais ne vous en faites pas ce n'est pas la première ni la dernière qu'on voit. Le pays avait était unifié, par les armes, au temps de l'Empire de Bagan et autres. Mais à la mort de l'empereur ou à chaque nouvelle guerre le pays s'est divisé en petits royaumes, chacun avec sa capitale.

Aujourd’hui il en est un peu de même. En effet Yangoon n'est plus la capitale de la Birmanie. Le régime précédent la trouvait un peu trop turbulente et difficile à contrôler et ils l'ont déménagée au milieu du pays, à mi chemin entre Yangoon et Mandalay, à Naypyidaw.
Vous ne connaissiez pas ? Moi non plus.

Mais revenons à Bago ou Pégou.

Notre première visite est un monastère et nous prenons notre première leçon sur la vie des moines.
Ici vivent 150 moines et novices…

Levés à 4 heures, ils commencent leur journée par mettre de l'ordre dans le monastère, puis ils partent chercher leur repas.

Contrairement à ce qu'on peut croire, ils ne mendient pas. Ils se présentent, seuls ou en groupe, devant une maison ou un magasin et ils récitent des prières. Ils récoltent en début de matinée de quoi faire leur petit déjeuner, et rentrent au monastère car ils n'ont rien mangé depuis la veille à midi. Ce sont donc des dons "tout prêts". Ensuite, ils repartent pour collecter le repas de 11 heures. Le repas est préparé avec la collecte des jours précédents par des laïques volontaires.

À 11 heures, le gong retenti. Ils se regroupent tous devant le réfectoire et ils s'installent en silence.

Les moines sont sur l’estrade. Les novices, en rouge, sont d’un côté, et les pré-novices, en blanc, de l’autre…

C'est le principal du monastère, assis seul à une table, qui donnera le premier coup de fourchette. Les donateurs peuvent participer au repas à des tables à part. Tout le monde mange strictement la même chose...

Après le repas les moines se retirent pour prier et méditer, et les novices vont s'occuper des taches quotidiennes, étudier et continuer leur quête.

Le coucher est à 20 heures...

Les jeunes laïques doivent d'un point de vue religieux faire deux périodes de 7 jours en monastère. Ils intègrent totalement la vie du monastère, ils sont rasés et suivant leur âge ils sont pré-novices ou novices.
Pour Yan, notre guide, qui a fait ces deux temps de retraite, c'est pour les pré-novices, une école de discipline de vie, et pour les novices un temps de réflexion. Tous peuvent ensuite faire des périodes de retraite, qui sont alors plus de temps de méditation...

Cela doit les aider à respecter dans leur vie de tous les jours les cinq principes de base du bouddhisme :

Ne pas tuer, même un animal.
Petite précision, ils ne sont absolument pas végétariens, et pour ce qu'ils mangent, d'autres se chargent de les tuer...

Ne pas voler,

Ne pas commettre l'adultère

Ne pas mentir

Ne pas boire plus que de raison...

Je pense que ce sont des principes de vie qui doivent aider à maintenir l’équilibre de la société...

Les moines eux ont plus de 200 principes à respecter...

 

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Nous allons visiter  la pagode Kyaik Pun datant de 1476. On peut y voir 4 statues de bouddhas de 30 mètres  de haut placées dos à dos.

En fait, on ne voit pas « quatre statues de Bouddha », mais "les statues de quatre Bouddhas".
Cela nous a permis d’apprendre que
Bouddha n’est pas unique.

Mais un d’entre eux, Siddahartha Gautama est considéré comme « Le Bouddha », la référence. C’est parfois ce qui nous a un peu perturbés dans les explications des guides.

Il existe dans chaque pagode des éléments indispensables.
D’une part une cloche, sur laquelle le fidèle vient frapper, trois fois, pour dire merci au Bouddha d’avoir pu faire, ce jour là, une action qu’il considère comme « positive » pour son  cheminement personnel.

Il y a aussi une colonne en haut de laquelle est perché un oiseau. Cet oiseau est signe de savoir…

 

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Notre voyage se poursuit  jusqu'à la pagode Shwemawdaw .  Officiellement, c'est la seconde plus haute pagode de Birmanie, après la pagode Shwedagon à Yangoon.

En fait, c'est aussi une question de point de vue.
Le stupa de la pagode Shwemawdaw  fait "15 pieds" de plus que celui de la pagode Shwedagon. Mais cette dernière étant posée sur une colline de 300 mètres,
elle est « beaucoup plus haute »…

Son entrée est gardée par deux Lions gigantesques…
L’absence de lions dans cette partie du monde explique peut être l’originalité de la représentation.

Autour du stupa, à chaque point cardinal, on retrouve un temple…

La région a subit d’importants tremblements de terre, en particulier en 1917 et 1930. Le stupa a été détruit. Il a été à chaque fois reconstruit et même agrandi. Une partie du stupa original avant 1917 a été conservée.

Voici la cloche de la pagode,

Et la colonne, au sommet de laquelle on retrouve les oiseaux symbole de la ville de Bago…

On retrouve l’histoire de la destruction et de la reconstruction de la pagode dans la « bande dessinée » qui orne les murs des escaliers qui conduisent à la pagode. C’est un moyen très fréquemment utilisé dans les pagodes, soit pour raconter l’histoire de la pagode, soit pour illustrer des épisodes de la vie du Bouddha.

Je vous laisse le soin de traduire le texte sous chaque image pour vérifier si je ne me suis pas trompé…
Vous trouverez ici « la clé du message chiffré »

 

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Nous reprenons la route vers le camp de Kinpun, le point de rassemblement pour rejoindre le Rocher d'Or. Nous traversons une très grande zone fertile située entre le delta de l’Irrawaddy, et le fleuve Salouen. Tous deux descendent des confins de l’Himalaya. Et la région est arrosée par le fleuve Sittang qui arrive des plateaux du Pays Shan. Tout ceci fait de cette région un endroit propice à la culture, avec la possibilité de prolonger les temps de mise en culture au-delà de la simple saison humide.

Nous découvrons la variété des productions dans ce delta. On y trouve d'importantes rizières. Et une fois la culture du riz terminée, quand il fait trop chaud, l'espace libéré est utilisé pour toutes sortes de cultures comme les pois, les légumes, le maïs et aussi les cacahuètes.

Avant de quitter le fleuve nous nous arrêtons à une sécherie de poisson installée entre le bord du fleuve, où les pêcheurs apportent leurs prises, et le bord de la route, où les poissons séchés sont vendus…

Le poisson est avec le riz une des bases de l'alimentation. Mais avec la chaleur, il est impossible de le transporter dans de bonnes conditions. Alors, on le fait sécher au soleil...

Il est nettoyé, on retire la tête et les boyaux, et on l'étale au soleil.

Pour les plus petits, ils sont séchés tel quel, et pour les tout petits, ils sont écrasés dans du sel et ils vont mariner dans des jarres pendant 45 jours environ pour donner une sauce qui accompagnera à merveille le riz, les pâtes et les légumes...

 

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Et nous arrivons au lieu de transfert. Nous abandonnons notre chauffeur, sa conduite douce et prudente, et la voiture climatisée pour prendre "le bus" qui va nous emmener au « Rocher d’Or ». C'est un haut lieu de pèlerinage et les candidats pour le voyage sont nombreux. Les bus attendent les uns derrière les autres sous un grand hangar. Si vous regardez les panneaux au dessus des bus, vous verrez toutes les consignes de sécurité. Et, seule information compréhensible par les touristes, la direction vers les toilettes, car il n’y a aucune chance de faire arrêter le bus en cours de route…

En fait, les bus sont des petits camions sur lesquels on a très solidement fixé une dizaine de rangées de sièges. On s'installe, et première surprise, alors qu'on est les uns contre les autres, on va en rajouter. On sera en final 7 sur un banc prévu normalement pour 4 ou 5 personnes. Et le bus ne partira pas tant qu'il ne sera pas plein.  Et c'est parti...

Pour ceux qui ont eu la chance de faire "Space mountains" à Disneyland, vous avez le principe de base : être secoué dans tous les sens en suivant une route qui monte, qui descend, qui tourne et que vous ne voyez pas à l'avance.

Petite différence, à Disneyland, vous avez toute confiance dans la sécurité générale du système. Là vous ne savez même pas si le mot sécurité existe.

Et, on roule, on monte, pensant que chaque virage sera peut être le dernier et qu'on va se répandre dans la jungle birmane...

Et cela va durer plus de 40 minutes pour arriver au sommet. Les bus se suivent, presque collés l’un à l’autre. Et pas de doute, tout le monde est content d’être arrivés…

À l'arrivée, quand je parle sécurité à Yan notre guide il m'explique que tout est prévu. Les chauffeurs doivent respecter les trois premiers des cinq principes de base, pour s'assurer que Bouddha va les protéger et ils doivent se mettre sous la protection d'un esprit bienveillant particulier chargé de veiller sur les voyageurs et les pèlerins. Avec tout cela on ne risque absolument rien.

Et, c'est vrai semble-t-il puisqu'il qu'il n'y a pas, ou peu d'accidents...

 

Nous déposons nos bagages à l'hôtel, et nous partons découvrir le sanctuaire...
Tout le haut de la colline est une pagode.

L'endroit est surprenant. Les alentours font un peu penser à une fête, avec trop de lumière, mais plus on s'approche et plus la ferveur est présente.

Il s'agit d'un rocher, en équilibre, et qui tient là grâce à la présence d'un cheveu de Bouddha...

Nous sommes là au moment du coucher de soleil.
C'est superbe...

Nous montons ensuite jusqu'au rocher où les pèlerins viennent coller, en offrande, de très fines feuilles d'or sur le rocher en équilibre.
Seuls les hommes peuvent s'approcher et toucher le rocher. Peut-être ont-ils peur qu'une femme, maladroite, le fasse tomber...

La ferveur est très grande. Le Rocher brille au soleil couchant, et il est entouré de volutes d’encens. Les prières vont se prolonger toute la nuit…

Un peu plus loin, sur l’esplanade, les pèlerins qui n’ont pas tous d’hébergement dormiront à même le sol, dans une ambiance de fête, aux pieds des Lions, gardiens de la Pagode…